Mohamed Romain Ataallah à la galerie Bab Rouah de Rabat
Mohamed Ataallah est né à Ksar El Kébir en 1939.
C’est à l’âge de 15 ans qu’il suit les
pas du grand artiste espagnol Mariano Bertuchi, le créateur de l’Ecole
des beaux-arts de Tétouan en 1945, qui a initié les peintres marocains
de l’époque aux techniques de l’art figuratif.
Mohamed Ataallah peint à ce jeune âge
des paysages. Puis se laisse influencer par la peinture de grands
impressionnistes, pour devenir à 19 ans, un peintre confirmé, fort de la
singularité de son univers et de son style.
Son diplôme de l’Ecole des beaux-arts de Tétouan lui permet de voyager et de se former à Séville, Rome, Paris et Madrid.
De 1963 à 1968, il entame une nouvelle
carrière d’inspecteur des antiquités des musées de Tétouan, de Tanger et
de Larache. Son deuxième prénom, Romain, lui vient de cette période où
il a beaucoup fouillé les vestiges de l’empire romain de la région.
Mohamed Ataallah était l’ami de nombreux
artistes tangérois, avec qui ils formaient le « Salon de Tanger » où se
sont exprimés les nouveaux courants de pensée et les expériences
avant-gardistes de cette génération d’écrivains et de musiciens.
Entre 1968 et 1972, il enseigne à l’école des Beaux Arts de Casablanca, avant de partir s’installer en France, où il va rester 30 ans.
C’est en 2006, que l’artiste retrouve ses racines, d’abord à Marrakech, puis à Tanger.
Pour cette rétrospective, la galerie Bab
Rouah de Rabat expose une cinquantaine d’oeuvres du « Module » de
l’artiste qu’il décrit ainsi :
«La base de mon travail c’est la forme,
le tracé, le délimité, le sujet. Ma démarche s’appuie sur
l’introduction de graphismes de parties anatomiques comme transgression
à la tradition prohibitive islamique posant l’interdit de
reproduction de l’image humaine».
Ces oeuvres visuelles s’inspirent de
l’art islamique et de l’architecture. Dans un carré, il y a de l’espace.
Dans l’espace il y a du graphisme.
C’est en 1970, qu’il remplace le tableau classique élaboré sur chevalet par ce concept.
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